Pour un manifeste du parti communiste du 21ème siècle (résumé)

vendredi 13 juillet

Notre 38ème Congrès est vital. Il n’y a jamais eu autant besoin de luttes, d’un projet et d’un parti communistes pour mettre un coup d’arrêt à la casse sociale menée par Macron, pour imposer de nouvelles conquêtes et ouvrir une issue politique. Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à toutes les récupérations nationalistes, populistes, xénophobes, racistes ou antisémites. Quel défi pour le Parti communiste français ! Mais après son effacement en 2017 et son résultat désastreux aux législatives, son pronostic vital est engagé. C’est pourquoi nous avons besoin d’un congrès extraordinaire.

Le texte issu du Conseil National mais voté par moins d’un tiers de ses membres ne formule pas clairement les termes du débat, pas plus qu’il ne permet d’analyser précisément la situation du monde et celle du parti. 

Nos difficultés actuelles résultent-elles d’une mauvaise mise en œuvre des choix faits depuis une vingtaine d’années, ou bien ces choix mêmes sont-ils à remettre en question ?

Comment définir l’objectif du communisme, les voies et moyens de l’atteindre ? Quelle articulation entre nos propositions, les luttes immédiates, les étapes indispensables et la visée communiste qui se construit dans ce mouvement tout en l’éclairant ?

Un changement profond de la direction nationale est-il nécessaire ? Quel engagement des dirigeants pour un effort de réorientation des idées, de la pratique et de l’action ?

C’est pour permettre aux communistes de débattre de ces questions essentielles et de se rassembler autour de choix clairs que, dans la diversité de nos analyses et réflexions, nous proposons ce texte comme base commune pour la discussion du 38ème congrès du Parti communiste. 

1. Un bilan critique

De la gauche plurielle aux collectifs anti-libéraux, jusqu’à notre résultat aux dernières élections législatives (2,72% des exprimés, le plus mauvais de notre histoire), notre affaiblissement n’est pas une fatalité. De fait, les profonds bouleversements qu’a connus le monde nous plaçaient au défi d’une analyse approfondie et du choix d’une novation communiste. Mais nos directions successives ont été gagnées par le renoncement, jusqu’à des choix qui ont déstabilisé et déstructuré notre parti.

2. Relever les défis de la crise

Le monde capitaliste connaît une crise systémique sans précédent qui aggrave ses fléaux et ses contradictions (chômage, surexploitation, destruction de l’environnement) et met en cause sa légitimité. L’idée qu’il est nécessaire de rompre avec ce système peut grandir. Encore faut-il dessiner les chemins d’une telle rupture. La montée des protestations, la révolution des forces productives et des mentalités peuvent ouvrir la voie vers une nouvelle civilisation.

Cela fonde l’actualité de la lutte de classes, main dans la main avec la révolution féministe qui s’engage, les luttes écologiques, les solidarités nouvelles qui se développent contre la xénophobie et le racisme, les luttes de la jeunesse. Un nouveau choc se prépare, plus profond, face auquel il ne sera plus possible de s’en remettre aux idées de conciliation avec la logique du capital. Notre parti doit se préparer à l’affronter.

3. Le communisme de notre temps : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte

Le projet communiste vise une transformation radicale – processus révolutionnaire de dépassement du capitalisme - pour une société de partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs et des rôles : une société sans classes, sans guerres, dépassant les nations où exploitation et aliénations sont abolies. Les luttes et rassemblements à construire et organiser doivent contribuer à ouvrir le chemin vers cette nouvelle société (sécurité d’emploi et de formation, services publics, productions écologiques et sociales, droits à l’égalité réelle, pouvoirs d’intervention sur l’argent et les moyens financiers, et appropriation sociale des moyens de production, d’échange et de financement).

4. Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste

Affrontement généralisé ou coopération et paix ? Face à la montée des périls, notre action internationale doit prendre une tout autre dimension. Il faut promouvoir la coopération et faire vivre nos valeurs anti-impérialistes, de paix, de solidarité et de codéveloppement

Pour sortir de la crise, il faut changer l’Europe pour une autre mondialisation : en finir avec la construction européenne actuelle, conçue au service de la domination du capital, et qui concentre la colère populaire. Notre responsabilité est de donner une perspective à cette colère. Comment ? Une position a été actée par nos précédents congrès. Cela continue de faire débat parmi les communistes. Ces questions doivent être instruites en avançant dans l’action, à partir de grandes batailles populaires permettant à la fois de porter la colère et de remporter des victoires.

5. Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d’unité populaires

Notre projet est démocratique et révolutionnaire. Il faut donc un rassemblement majoritaire, dont le contenu soit à la hauteur pour transformer l’ordre existant : c’est la stratégie du PCF.

L’unification du salariat est décisive pour construire les bases sociales de ce rassemblement. Les dominations – de classes, de genres, de générations, racistes, culturelles… se renforcent entre elles. Les luttes contre ces dominations peuvent s’épauler pour une émancipation conjointe.

Face à la recomposition politique en cours, la démarche communiste doit se déployer dans trois directions : construction politique, bataille d’idées et luttes sociales. Il s’agit de construire une union populaire et politique agissante pour sortir de la crise.
Il est essentiel d’être présents avec nos propres candidates et candidats à toutes les élections pour porter nos propositions originales : travaillons à en créer les conditions.

6. Pour un parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire

Il y a besoin d’un parti révolutionnaire, organisé dans la continuité pour animer les luttes et ouvrir les perspectives politiques dont elles ont besoin pour gagner. Cela nécessite le développement, en son sein, d’élaborations théoriques et d’éducation populaire nourries du marxisme vivant, d’expérimentations et d’échanges.
Pour changer cette société, le parti doit permettre l’intervention politique des travailleurs, des travailleuses et de tous ceux qui sont exclus du travail, dans la proximité (celle de l’entreprise ou du territoire) comme au plan national et international.

Cela demandera un effort acharné. Ne nous contentons pas d’un relevé de décisions, fût-il détaillé, s’il reste inappliqué. Il faut décider d’une orientation générale et se donner les moyens d’un suivi de sa mise en œuvre.

Vie politique de proximité, formation et accès aux responsabilités sont indispensables pour, dans un même mouvement, repolitiser, répondre à la crise de la politique et commencer à engager des transformations de portée révolutionnaire.

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