Contribution de Janine Decriaux (Val-de-Marne, ancienne membre du Conseil national)

dimanche 23 septembre

Le texte proposé par le CN des 2 et 3 juin, adopté par seulement 49 camarades (91 votants) alors que la direction nationale est composée de 168 membres, me pose problème : c’est moins d’un tiers de la Direction Nationale qui nous propose son texte comme base de discussion pour un Congrès Extraordinaire.
Pour rappel, les dirigeants nationaux sont l’émanation de tout le territoire.
Dans le même temps, en 1 mois (entre le 4/6 et le 6/7), un autre document que je nommerai « Le Manifeste » pour faire court – c’est le 3ème texte dans le document de préparation du Congrès, pages 61 à 85 – recueillait plus de 1 300 signatures, très diverses, et, depuis la rentrée politique, parlementaire et sociale, s’élargit de soutiens et déclarations publiques.
C’est bien là l’expression d’un malaise grandissant au sein de notre Parti où des milliers de camarades ne s’y retrouvent plus et ont tenu, cette fois, à l’exprimer haut et fort.
Cela montre aussi, s’il en était besoin, qu’il ne s’agit pas d’une bataille de chefs ou de clans.
Ce texte est signé et soutenu par des camarades qui souhaitent avant tout que le Parti Communiste existe !
-  Comment peut-on prétendre rassembler quand on n’existe pas ?
-  Comment peut-on attendre qu’on vote pour nous quand on ne n’exprime plus ?
L’effacement progressif et continu du Parti, l’affaiblissement électoral historique auquel on a abouti avec ces choix obstinés et poursuivis malgré les alertes et les échecs, notre perte de visibilité, étaient et sont plus que jamais dans la tête des camarades qui se retrouvent dans le « Manifeste ».
Ils et elles veulent :
-  Reconquérir l’influence de notre Parti,
-  Reconstruire un Parti révolutionnaire en prise avec la société d’aujourd’hui.
C’est l’électrochoc provoqué par notre effacement en 2017 et l’inévitable résultat désastreux qui s’en est suivi aux législatives qui ont conduit les communistes à réclamer ce Congrès Extraordinaire.
Il faut donc – et c’est ce que nous portons haut et fort - que ce Congrès soit celui :
-  D’une ré-orientation stratégique,
-  D’une mobilisation nouvelle dans l’action et dans le développement d’une ambition communiste.
Au fil des alliances électorales successives, les batailles idéologiques et politiques du Parti se sont affaiblies, émoussées à partir de l’idée fausse selon laquelle il fallait abaisser l’ambition communiste pour élargir et consolider le rassemblement.

J’ai relu ce texte du projet de base proposé par le CN – de fait minoritaire dans le Parti –
Au lieu d’un retour critique et attendu sur ces échecs, la Direction du Parti en élude les causes et les responsabilités internes.
il n’est qu’une suite de regrets, de constats englobant tout le monde, de « on n’a pas su ou pas pu… nous avons insuffisamment… nous avons dû nous contenter de… » ; il envoie aux communistes un message d’impuissance à maîtriser notre avenir.
La juxtaposition des opinions dans un collage de formules qui ne fâchent personne continue de désespérer les camarades, voire de les démobiliser plus encore.
Des camarades craignent que l’existence de textes alternatifs provoque une division dans le Parti ; mais ce qui nous divise c’est la situation dramatique dans laquelle nous sommes tombés.
C’est dans la bataille des idées et des luttes que les communistes retrouveront leur unité.
Notre Parti doit « redevenir » un Parti de propositions alternatives et de luttes.
N’est-ce pas l’appel que lance le Secrétaire Général de la Fédération CGT des cheminots Laurent BRUN dans sa déclaration de soutien au texte « Manifeste » ?
Oui, les luttes, les travailleurs n’ont pas besoin d’un Syndicat Bis, ils ont besoin des propositions du Parti Communiste Français, à même de nourrir une perspective politique pour sortir de ce système qui les écrase.
En ce sens, la décision de lancer dès cet été la campagne pour une autre Europe avec Ian BROSSAT ne doit souffrir ni d’atermoiements, ni de renoncements, encore moins d’un nouvel effacement au nom d’un rassemblement faussé derrière une tête de liste d’une autre formation politique de gauche.
Rassembler ne veut pas dire niveler au plus bas : les communistes ont la capacité d’expliquer publiquement ce qui les différencie des autres formations de gauche.
Avec une liste de large rassemblement, initiée et conduite par le PCF :
-  Nous sortirons de la spirale de l’effacement et de l’illisibilité,
-  Nous pourrons recréer des espaces d’intervention avec les classes populaires à partir de leurs préoccupations quotidiennes,
-  Nous nous retrouverons nous-mêmes pour préparer les échéances suivantes.
J’ai signé le texte « Manifeste » parce que je fais partie des milliers de communistes qui veulent que ce Congrès ne sombre pas dans les habitudes, les redites et le refus des mises en cause.
J’ai signé le texte « Manifeste » parce que, militante d’entreprise une grande partie de ma carrière professionnelle, je suis comme Laurent BRUN que j’ai connu tout gône dans le Rhône où j’ai milité avec son père, lui aussi cheminot, je ne veux pas boiter : j’ai besoin de mon Parti, révolutionnaire, ambitieux, conquérant !

Documents joints