Contribution de Gérard Fournier (Champigny, Val-de-Marne)

Notre démarche de transformation et de rassemblement, stratégie et bilan

dimanche 23 septembre

La préparation de notre Congrès Extraordinaire se situe dans un contexte historique et politique gravissime, pour satisfaire le Capital financier, dans une situation de recomposition politique au contour incertain.
Destruction du modèle social issu du Programme du CNR, avec des conséquences désastreuses, notamment pour les salariés, chômeurs, jeunes et retraités.
C’est pourquoi les décisions que nous allons prendre sont immensément importantes.
Le Parti Communiste a subi un véritable désastre électoral aux dernières élections législatives avec 2,72 % des voix soit son plus mauvais score depuis 1930.
Nous avons l’opportunité de redonner confiance en l’avenir du Parti Communiste, mais nous pouvons aussi disparaître.
Il faut, à partir d’un débat franc, riche, respectueux et fraternel, analyser les causes de ce désastre électoral et faire le bilan indispensable sur l’échec stratégique sur les 20 dernières années suivi par nos directions successives – ce n’est pas un problème de personnes.
Le Conseil National du 3 juin nous propose de discuter de sa base commune avec possibilité d’ouverture de 3 fenêtres.
Ce texte me pose 2 problèmes :
le 1er, c’est que le texte adopté ne rassemble que 49 membres du CN sur les 168 élus au dernier Congrès, soit 29 % de ses membres.
Notre direction n’a pas réussi à le faire adopter par au moins 50 % des membres du CN. C’est dire le profond malaise qui existe au sein de notre Direction.
Le 2ème problème, c’est le refus de tirer le bilan des échecs stratégiques de rassemblement : la gauche plurielle, les collectifs anti-libéraux, le Front de Gauche, qui ont tous échoué, et pour finir un ralliement sans contrat politique à un candidat visant notre élimination avant tout comme ce fut le cas entre autres à Ivry-sur-Seine et Montreuil.
A plusieurs reprises, lors de différentes réunions à Champigny à propos du Front de Gauche, j’avais alerté sur nos difficultés structurelles à articuler rassemblement et initiatives communistes identifiantes susceptibles de faire progresser la conscience révolutionnaire dans un cadre d’union.
Au nom du rassemblement, notre effacement et nos renoncements ont été préjudiciables à l’ambition de transformation.
Au lieu du retour critique sur ces échecs, le texte voté le 3 juin en élude les causes et les responsabilités internes.
Pour les luttes, nous avons besoin d’un parti Communiste fort.
Nous devons nous interroger pourquoi les ouvriers, les employés, les jeunes, toutes les couches populaires ne votent plus communiste.
L’abstention progresse, l’engagement recule, nous assistons à un développement du populisme.
Au sujet des luttes, « marcher sur ses deux jambes » n’est pas qu’une affaire de cartes : le Parti Communiste soutient les luttes c’est bien, mais ce n’est pas suffisant, en se contentant de cela, il se comporte en « syndicat bis ».
Son rôle est de donner à voir ce qui fait système dans tous les sujets qu’affrontent les salariés ; son rôle est de montrer que luttes et perspectives politiques peuvent faire progresser cette conscience au delà de l’action syndicale.
Le texte, qui peut devenir notre base commune, « Pour un Manifeste du Parti Communiste du XXIème siècle » est une base solide pour un Congrès de changement et de rassemblement des communistes.

La démarche de construction du texte est elle-même porteuse d’espoir. A partir des lignes directrices du projet communiste, il trace une nouvelle conception du rassemblement, par rapport au mouvement social ou des constructions politiques. Politiser les luttes avec une mise en perspective des transformation révolutionnaire, mener la bataille des idées, avec un effort collectif intense d’appropriation et de créations théoriques à partir d’analyses marxistes actualisées.
Avec le Manifeste, pas besoin de fenêtres qui risquent vite d’être refermées, mais des portes bien ouvertes où tous les communistes dans leur diversité pourront l’enrichir.
Rien ne serait pire qu’un Congrès Extraordinaire n’aboutissant pas au renouvellement des conceptions, pratiques, et dirigeants. Il s’en suivrait une démobilisation silencieuse mortifère.
Nous avons une échéance importante prochaine pour affirmer notre identité lors des élections européennes de 2019, 1ère échéance après notre Congrès.
Mobilisons nous dès maintenant, face au danger d’une politique d’austérité renforcée et de la montée du fascisme en France et en Europe, avec notre candidat tête de liste communiste Ian BROSSAT, désigné par le Conseil National, qui portera les idées communistes pour refonder l’Europe au service des intérêts des peuples européens.
De même qu’une influence renforcée, avec un Parti communiste bien identifié, créera les meilleures conditions pour une victoire aux prochaines municipales de Champigny-sur-Marne.
Nous sommes en général plutôt légitimistes, mais aujourd’hui l’enjeu ce n’est pas de légitimer la direction.
J’en suis convaincu, si le « Manifeste » devient notre base commune, l’unité du Parti, dans sa diversité, en sortira renforcée, dans le respect de chacune et de chacun, dans la fraternité.
Nous sommes tous attachés à l’avenir du Parti Communiste, comme le font dans leur diversité les 11 camarades qui composent le Groupe Communiste à l’Assemblée Nationale.
Mes camarades, jusqu’au 6 octobre, vous avez l’avenir du Parti entre vos mains.
Et pour conclure, en accord avec Laurent BRUN, Secrétaire Général de la CGT Cheminots qui soutient le texte « Manifeste », je dis : Il est grand temps de remettre notre Parti sur de bons rails !

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