Conseil National du 5 septembre

Appeler les communistes à s’en mêler et à choisir en toute clarté

Intervention de Marie-Christine Burricand

vendredi 7 septembre

La question qui est posée ce jour au Conseil National n’est pas que chacun s’explique sur les raisons qui lui ont fait soutenir tel ou tel texte, y compris la base proposée par la direction nationale. Nous savons tous que les positionnements des membres du CN sont très divers ; notre responsabilité, c’est de permettre aux communistes de s’emparer du congrès, s’approprier le débat et choisir en toute clarté et démocratie le texte qui leur semble le mieux à même de devenir la base commune ; nous en sommes très loin pour le moment.

Je reviens sur la situation sociale et politique. La situation sociale est extrêmement tendue. L’aggravation de l’exploitation, la perte de droits, la marchandisation de la société, la casse des services publics et des solidarités aggravent considérablement la vie des familles populaires. Le mot austérité est peut être un peu faible au regard de la réalité vécue. La fracture sociale et politique se creuse et nous ne nous occupons pas suffisamment de cette question. Certes la popularité de Macron et son gouvernement baisse de manière importante, mais pour autant y a-t-il montée de de la perception d’une alternative ? Somme-nous identifiés comme ceux qui combattent cette politique, pas seulement au parlement mais dans nos collectivités locales ? Retour ligne automatique
Ces questions sont cruciales dans les mois qui viennent, notamment en prévision des élections municipales de 2020 qui s’annoncent complexes du fait de notre affaiblissement et des divisions à gauche alors que de nombreux éléments montrent que le discrédit de la politique touche de manière nouvelle les élus locaux et maires.Retour ligne automatique
Dans ces conditions les européennes vont beaucoup compter. Affirmons nettement notre volonté de conduire une liste dans un esprit d’ouverture politique et sociale, ancrons notre bataille dans les préoccupations populaires en portant la colère tout en ouvrant des perspectives.

Ce congrès doit nous permettre de répondre à cette question de l’alternative politique en travaillant à la réduction de la fracture sociale et démocratique, c’est-à-dire à nos liens avec le peuple et le monde du travail et en construisant un projet populaire au regard des difficultés.

Revenons aux raisons de ce congrès, convoqué à la demande des communistes parce que nous nous trouvions dans une situation grave : notre affaiblissement met en cause notre existence et notre visibilité nationales et nous entrons dans une nouvelle phase de la domination du capital en France, en même temps qu’au plan international les conflits qui s’exacerbent et les potentialités méritent une analyse approfondie.

Nous ne pouvons pas échapper au bilan ni à la question d’une éventuelle réorientation stratégique à ce congrès qui exige de dépasser les postures. Il n’y a pas une base commune et des textes alternatifs mais différentes propositions de bases communes ; il faut se rappeler la faiblesse du nombre de votants pour valider la proposition du Conseil National ; je n’ai voté aucun des statuts qui ont validé le principe des textes alternatifs, mais c’est une imposture que de prétendre que la difficulté à s’emparer du congrès viendrait d’eux. C’est l’affaiblissement de notre organisation jusqu’à son délitement qui est en cause.

Profitons de ce moment de débat et vote pour appeler les communistes à s’en mêler, à débattre des questions qui nous sont posées et à choisir en toute clarté et démocratie le texte qui leur semble le plus approprié à devenir la base commune.

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